CDI

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N’y a-t-il pas quelque chose de déroutant à voir une partie de la population battre le pavé pour invoquer le CDI au nom de sa toute-puissance protectrice ? Que la sécurité de l’emploi soit une aspiration légitime, nul ne le conteste. Mais le CDI a-t-il quelque chose à y voir ?

Associer sécurité professionnelle et CDI, c’est comme réduire un principe actif à son excipient. Or, la qualité du travail n’est pas soluble dans le contrat de travail. Ce qui donne au travail toute sa valeur, c’est avant tout l’employabilité. Autrement dit la capacité à se projeter, à prendre des initiatives, à investir les sujets porteurs. La véritable protection est dans le mouvement, certainement pas dans le statut. Le vrai risque, c’est de ne pas en prendre.

Pas d’employabilité sans disposition à apprendre à tout moment, à capitaliser sur ses connaissances, à les confronter sans cesse à l’épreuve du réel.
D’où le rôle central de la formation. Mais d’une formation permanente, informelle, qui mobilise chaque situation où s’acquièrent les compétences : activités professionnelles bien sûr, mais tout autant expériences personnelles, lectures, échanges, engagements associatifs… La formation tout au long de la vie en quelque sorte. Comme un cheminement libre, pas toujours linéaire, encore moins tout tracé.

Cette construction permanente n’a nullement besoin de cadre statutaire, de normes contractuelles. Elle demande juste des organisations de travail souples, un management agile, des logiques collaboratives, une émulation bien comprise. Et beaucoup d’enthousiasme.

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C’est l’un des symptômes les plus significatifs de la mutation qui traverse le monde du travail : l’explosion du nombre des indépendants. Comme beaucoup de salariés dans tous les secteurs d’activité, les consultants sont chaque jour de plus en plus nombreux à se mettre à leur compte. Et comment ne pas les comprendre ? Autonomie, liberté, émancipation… : l’indépendance est un horizon riche de promesses. Et parmi toutes, la plus inspirante sans doute : le sens. Celui que l’on veut (re)donner à son métier, à ses choix, à sa vie.

En huit ans, mes associés et moi-même avons dû recevoir au bas mot deux-mille consultants indépendants. Deux mille profils différents, autant de parcours singuliers. Et pourtant, l’expression d’un même sentiment. Ce qu’ils ont gagné en liberté et en épanouissement, ils l’ont perdu en richesse sociale. Car devenir freelance, c’est aussi faire l’épreuve d’une certaine solitude. Au sein des grands cabinets, ils se sentaient comme des quidams perdus dans la structure. En les quittant, ils sont devenus des invisibles sur le marché. Invisibles, ignorés, en panne de missions. D’autant que la plupart d’entre eux n’ont ni appétence, ni dispositions pour le commercial.
Bref, le constat est unanime : le moteur de la progression se grippe dès lors que l’on quitte les grands noms du conseil.

Pour autant, pas question de faire le chemin inverse. La liberté gagnée et le sens retrouvé sont bien trop précieux. Tous ces consultants émérites, talentueux, enthousiastes ne demandent en aucun cas à “rentrer dans l’ordre”. Ils ont juste besoin d’un peu de reconnaissance, d’émulation, d’échange, de soutien. Pour retrouver ce lien, nul besoin de revenir au formalisme rigide des grandes structures. La solution est ailleurs. Dans cette formidable invention humaine qu’est le réseau.

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