Le paradoxe du consultant

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Peut-être avez-vous lu le “Paradoxe sur le comédien”, génial essai de Diderot, où le philosophe lance un débat resté depuis toujours aussi vif dans le monde du théâtre : faut-il “vivre” les choses pour les jouer ou bien n’est-on pas au contraire plus “vrai” quand on parvient à s’oublier devant l’œuvre ?

La question ouverte par Diderot – qui n’est pas philosophe pour rien – résonne bien au-delà des planches et de la technique dramatique. Je me la suis très vite posée en réfléchissant aux fondamentaux du métier du conseil. Et très vite, pour l’amoureux du théâtre que je suis, la symétrie de valeurs entre comédien et consultant est apparue à la fois limpide et éclairante.

Car il y a bien aussi un “paradoxe du consultant”. Celui-ci ne doit-il pas se mettre en retrait derrière son client pour mieux remplir sa mission ? S’il veut comprendre une problématique, un environnement, des enjeux, le consultant ne doit-il pas d’abord faire de son client le personnage principal de l’histoire ?

Comme les comédiens, les consultants, a fortiori indépendants, peuvent avoir une propension à se mettre sur le devant de la scène, à vouloir investir le décor, occuper tous les rôles. Au théâtre, on parlera de coquetterie, sinon d’égo. Dans le conseil, on mettra cela sur le compte d’un certain zèle commercial.

Pourtant, j’en suis convaincu, le bon consultant est celui qui, lui aussi, sait s’effacer : pour mieux objectiver chaque situation, valoriser son client, se mettre à son service en toute transparence et créer avec lui une relation de confiance.

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