Faut-il être toujours l’Uber ou le AirBnB de quelque chose ?

Crédit photo : Creads

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En rhétorique, on parlerait de synecdoque : un artifice de style consistant à désigner le plus par le moins. N’avez-vous pas remarqué comme la synecdoque fleurit dans le paysage des startups ? Le “Airbnb de la gastronomie”, le “blablacar du fret”, l’“Uber de l’édition”, le “Tinder des loisirs”… A croire que les entrepreneurs de la nouvelle économie ont impérieusement besoin d’en appeler à des succès reconnus pour anticiper le leur.

En rhétorique, on parlerait de synecdoque, en communication, on parlera de name dropping. Quand elle ne frôle pas l’usurpation, cette manie sombre franchement dans le ridicule. Elle est par-dessus tout contreproductive. Comment habiter de manière crédible une posture d’innovation tout en se rangeant dans la roue d’un autre ? Comment se montrer capable d’agilité en se référant à un modèle établi ? Est-il seulement concevable qu’un entrepreneur ne soit pas fier de porter haut et fort les couleurs de son entreprise ?

Et après – si tant est que l’entreprise perdure : comment rallier, motiver, fidéliser des collaborateurs s’ils ne peuvent pas se rassembler fièrement  derrière une identité revendiquée ? Il ne suffit pas de lancer une plateforme de service pour innover. Il ne suffit pas davantage de s’autoproclamer startup pour durer. Il suffit encore moins d’imiter ses aînés pour créer une offre, lui donner un modèle économique, fédérer des talents et conquérir des marchés.

 

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