Take Eat (un peu trop) Easy…

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L’information est tombée au beau milieu de l’été : Take Eat Easy, la plateforme spécialisée dans la distribution de repas à vélo, a jeté l’éponge. Nouvelle surprenante, tant la startup avait réussi, en à peine trois ans, à créer et installer une marque forte dans le paysage en plein boom du “tech food”, à la croisée de la restauration classique et de la vogue de la gastronomie urbaine.

Mais l’ingéniosité de l’offre et une croissance mensuelle de 30% n’y auront rien fait : faute de revenus suffisants pour couvrir ses coûts, incapable de parvenir à clôturer une troisième levée de fonds, la société belge a été placée en redressement judiciaire. Fin de course pour ses 180 salariés et ses 4 500 cyclo-coursiers en Europe, dont 2 500 en France.

Et si cette sortie de route n’était pas si surprenante que ça… Si, derrière la force de sa promesse marketing, Take Eat Easy avait oublié un ressort essentiel à toute activité pérenne en mode réseau : l’humain. Le talon d’Achille de ces plateformes digitales qui révolutionnent avec brio le vieux monde économique est bien là : à tout miser sur l’effet de taille et la conquête, elles en négligent parfois leurs propres forces vives. Qui – et c’est de bonne guerre – le leur rendent bien.12

A peine Take Eat Easy avait-elle mis la clé sous la porte que ses “bikers” s’empressaient d’enfiler le dossard de l’ex-concurrent, le britannique Deliveroo. Dans sa course à la part de marché, Take Eat Easy fonçait avec un peloton de mercenaires. Elle a fini par perdre les pédales.

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