Apprendre à désapprendre

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« Les illettrés du XXIe siècle ne seront pas ceux qui ne savent pas lire et écrire, mais ceux qui ne savent pas apprendre, désapprendre et réapprendre. » Ce bel aphorisme, nous le devons à Alvin Toffler, visionnaire de génie, dont j’ai déjà dit tout le bien que pensais dans ce blog.

Apprendre, désapprendre, réapprendre… Quelle leçon d’humilité ! De volonté aussi. Car désapprendre n’est pas chose aisée. Désapprendre, c’est remettre en cause ses références, ses croyances, ses certitudes. C’est accepter de bousculer ce qui structure sa propre pensée…

Mais n’est-ce pas là l’une des qualités essentielles du manager, du dirigeant, et au premier chef de l’entrepreneur ? Créer une entreprise, concevoir, construire et développer une activité, n’est-ce pas apprendre à désapprendre ?

Car ce que l’on apprend de l’entrepreneuriat et du management dans les écoles ou dans la littérature de sciences de gestion ne résiste pas toujours – loin s’en faut – au réel. “Pas de projet viable sans étude de marché”, “On ne pilote que ce qu’on mesure”, “On ne change pas une équipe qui gagne”, “Pas de management stable sans compétences bien distribuées”… Autant de principes bien fragiles qui montrent que la vérité de l’expert et du professeur n’est pas nécessairement celle du bâtisseur.

Il ne s’agit aucunement de remettre en cause la nécessité d’un enseignement, la valeur structurante de la recherche scientifique. Mais simplement de rappeler aux “sachants”, aux experts, aux juristes, aux politiques, que la vérité de l’entreprise est indéfectiblement liée à liberté fondamentale d’entreprendre, celle-là même qui laisse du jeu à l’intuition, qui fait avancer de manière empirique, procéder par itérations, accepter l’erreur, trouver ses sources d’inspiration où nul ne les attendrait, inventer… L’entreprise est une réalité vivante, une affaire humaine. Un monde d’incarnation, pas d’incantation.

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